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# Posté le jeudi 03 mai 2007 12:21

Le président

Le président est Anibal Cavaco Silva (conservateur). Candidat soutenu par le Parti social-démocrate (PSD), il a été élu président du Portugal le 22 janvier 2006 avec 50,5 % des voix face à cinq candidats de gauche dont Mário Soarès (socialiste).

Anibal Cavaco Silva, né en 1940, était un professeur d'économie (université de Lisbonne) de tendance libérale. Il a été Premier ministre du Portugal de 1985 à 1995. Marié et père de deux enfants, très attaché aux valeurs familiales, il aime à rappeler ses débuts modestes de fils de garagiste d'une petite bourgade du sud du Portugal, qui ne doit sa situation qu'à ses efforts et sa persévérance.

Le Président

Il est élu au suffrage universel direct pour 5 ans.

Ses prérogatives sont limitées à un rôle représentatif et un droit de veto (suspensif) des décision de l'Assemblée. Celle-ci peut confirmer son vote. Chaque acte du président doit être contresigné par un ministre. C'est le cas notamment de la promulgation des Décrets-Lois de l'Assemblée de la République, avant leur publication sous forme de Loi dans le Diário da República (le journal officiel). En cas de cohabitation (fréquente au Portugal), il peut néanmoins exercer un véritable contre-pouvoir moral.

« Le veto consiste dans le refus de promulgation, par le Président de la République, des décrets de l'Assemblée de la République ou des décrets du Gouvernement.

Le veto peut être motivé par des raisons politiques — veto politique — ou peut avoir pour base la décision du Tribunal Constitutionnel se prononçant sur l'inconstitutionnalité du décret ou de certaines de ses normes — veto par inconstitutionnalité.

En cas de veto, le décret est renvoyé à l'Assemblée de la République par le Président de la République qui demandera un nouvel examen du texte par un message motivé. Si l'Assemblée de la République confirme le vote à la majorité absolue des Députés effectivement en fonctions ou à la majorité des deux tiers des Députés (la Constitution prévoit plusieurs situations) le Président devra promulguer le Décret. » (extrait du glossaire de l'Assemblée)

Le Président de l'Assemblée de la République remplace, par intérim, le Président de la République en cas d'absence ou d'empêchement temporaire de celui-ci, ainsi que durant la vacance de la charge et jusqu'à l'investiture du nouveau Président élu.

Les « présidence ouverte » (presidência abert), inaugurées par Mário Soares, cette pratique permet au chef de l'État de quitter son palais présidentiel et de s'installer en province ou dans une région autonome pendant une à deux semaines. Ces séjours peut protocolaire lui permettent d'aller à la rencontre des Portugais. Ces initiatives ont permis à Soares de jouer le rôle d'un véritable contre-pouvoir d'influence pendant les périodes de cohabitation (1991-1995).

Les anciens présidents

Seconde république

Jorge Sampaio (1996-2006) - socialiste

Mário Soarès (1986-1996) - socialiste

António Eanes (1976-1986) - conservateur

Francisco da Costa Gomes (1974-1976)

António de Spínola (1974)

La Junta de Salvação Nacional

António de Spínola (1974)

L'État nouveau

Américo Tomás (1958-1974)

Francisco Lopes (1951-1958)

António Carmona (1928-1951)

La Junte militaire

Manuel Gomes da Costa (1926)

José Mendes Cabeçadas Júnior (1926)

La Première république

Bernardino Luís Machado Guimarães (1925-1926)

Manuel Teixeira Gomes (1923-1925)

António José de Almeida (1919-1923)

João do Canto e Castro Silva Antunes (1918-1919)

Sidónio Bernardino Cardoso da Silva Pais (1918)

Bernardino Luis Machado Guimarães (1915-1917)

Joaquim Teófilo Fernandes Braga (1915)

Manuel de Arriaga Brum da Silveira (1911-1915)

Gouvernement Provisoire

Joaquim Teófilo Fernandes Braga (1910-1911)

Biographie des anciens présidents

Jorge Fernando Branco de Sampaio est né à Lisbonne en 1939, il est le fils d'un médecin. Étudiant en droit, il a participé aux luttes étudiantes contre la dictature de Salazar. Il mène une carrière d'avocat tout en militant à gauche. Pendant la révolution, il joue un rôle essentiel dans le dialogue avec l'aile modérée du MFA (Mouvement des Forces Armées). Il adhère au Parti socialiste en 1978, l'année suivante il est élu député à Lisbonne. Il occupe différentes fonctions, notamment à la Commission européenne des droits de l'homme au Conseil de l'Europe et au sein du PS. En 1989, il élu maire de Lisbonne, réélu en 1993. Mandat qu'il exerce jusqu'à son élection à la présidence de la république. En mars 1996, il a été élu président (avec le soutien du PS), puis réélu au premier tour en janvier 2001 avec 55,7 % des suffrages face à Ferreira do Amaral (PSP) (34,5 %).

# Posté le jeudi 03 mai 2007 12:10

Le chef du gouvernement

Le chef du gouvernement est José Sócrates (PS, socialiste), il a succédé en février 2005 à Pedro Santana Lopes (droite populiste) qui avait lui-même remplacé en juillet 2004 José Manuel Durão Barroso appelé à présider la Commission européenne. Barroso avait succédé à António Guterres (PS) en avril 2002.

Le Premier ministre (Primeiro-Ministro) est l'homme-clé du pouvoir au Portugal où l'on a même parlé d'un « présidentialisme » de Premier ministre tant sa personnalité s'impose. Cette expression est né de la période où Aníbal Cavaco Silva (PSD) dirigeant le pays avec la majorité abosolue à l'Assemblée (1987-1995).

« Le Premier ministre est politiquement responsable devant l'Assemblée de la République à qui il présente le Programme du Gouvernement dans un délai maximum de 10 jours à compter de sa nomination. Relativement aux matières de la compétence exclusive de l'Assemblée de la République, le gouvernement peut présenter des propositions de loi (à l'exception de la révision constitutionnelle).

Les membres du gouvernement ont le droit de participer aux séances plénières et peuvent demander leur participation aux réunions des Commissions. Ils devront être présents aux séances plénières spécialement fixées pour répondre aux questions ou pour les débats d'interpellations, motions de censure ou d'autres, dans le domaine de l'exercice de compétence de contrôle de l'Assemblée de la République. Les Commissions peuvent demander la participation des membres du Gouvernement à leurs travaux.

Le Gouvernement doit présenter jusqu'au 15 octobre, les propositions de loi sur le Budget de l' État et les grandes options du Plan pour l'année suivante et présenter les comptes de l' Etat et des autres entités publiques jusqu'au 31 décembre de l'année suivante. Il doit aussi présenter, en temps utile, l'information pertinente relativement au processus de construction de l' Union Européenne. Le Gouvernement a le droit de se faire représenter aux réunions de la Conférence des Représentants des Groupes Parlementaires — il se fait représenter habituellement par le ministre des Affaires Parlementaires — pouvant demander l'inscription prioritaire à l'ordre du jour de sujets exigeant une procédure d'urgence. » (extrait du glossaire de l'Assemblée)

La politique du gouvernement précédant

Le PSD a remporté les élections de mars 2002 sur un programme de baisse de la pression fiscale... « Deux mois plus tard, il n'est plus question des baisses d'impôts promises pendant la campagne électorale. Mais de toute une panoplie de mesures d'austérité : relèvement de 2 % du taux de la TVA, gel du recrutement des fonctionnaires et non-renouvellement des contrats à durée déterminée dans la fonction publique, fermeture de plusieurs dizaines d'instituts publics ou parapublics, suppression des prêts bonifiés pour les jeunes accédant à la propriété, etc. (...) La méthode rappelle celle d'Aníbal Cavaco Silva, le "père", sec et austère, de la droite portugaise. Premier ministre de 1985 à 1995, il s'était, lui aussi, attaché à rétablir l'équilibre des comptes au prix de mesures impopulaires avant d'entreprendre - avec l'aide de l'Union européenne - la modernisation du pays. Une similitude qui ne relève pas du hasard : c'est à Cavaco Silva que José Manuel Durão Barroso doit sa carrière politique. Et c'est lui qui a "fait" Manuela Ferreira Leite, ministre des Finances et véritable n° 2 de l'équipe gouvernementale. » (extrait d'un article de Dominique Lagarde, Libération, 13 juin 2002)

Les anciens gouvernements constitutionnels

Pedro Santana Lopes (PSD) 2004-2005

José Manuel Durão Barroso (PSD) 2002-2004

António Guterres (PS) 1995-1999 et 1999-2002

Aníbal Cavaco Silva (PSD) 1985-1987, 1987-1991 et 1991-1995

Mário Soares (PS) 1983-1985 (coal. PS-PSD)

Francisco Balsemão (PSD) 1981, 1981-1983 (coal. PSD-CDS)

Francisco Sá Carneiro (PSD) 1980-1981

Maria de Lurdes Matos Pintasilgo (PSD) 1979

Carlos da Mota Pinto (PSD) 1978-1979

Alfredo da Costa 1978

Mário Soares (PS) 1976-1977, 1977-1978

Entre avril 1974 et juillet 1976, il y a eut six gouvernements provisoires dont quatre étaient dirigés par le général Vasco Gonçalves.

Biographie des anciens Premiers ministres

Pedro Santana Lopes, nouveau président du PSD représente l'aile populiste du parti conservateur portugais. Il a été maire de Lisbonne de 2001 à 2004. Pedro Santana Lopes a commencé sa carrière politique au Mouvement indépendant de droite, une petite formation d'extrême droite. Il a dirigé un gouvernement de coalition : droite modérée-droite populiste (PSD - CDS/PP)

« José Manuel Durão Barroso, est connu pour avoir milité activement dans les jeunesses maoïstes. Mais qu'importe ? "À l'époque de la révolution des ½illets, en 1974, tout le monde était de gauche", rappelle un de ses fidèles, José Luis Arnaut, secrétaire général de sa formation, le Parti social-démocrate (PSD). Cette formation au nom trompeur fait d'ailleurs campagne sur les valeurs du libéralisme. "Il faut développer la responsabilité des individus à tous les niveaux", clame José Luis Arnaut. Vice-président du Parti populaire européen (PPE), ancien ministre des affaires étrangères (1992-1995), Durão Barroso, paradoxalement, garde un profil bas sur son expérience internationale. Le Premier ministre sortant, le socialiste Antonio Guterres, est devenu impopulaire notamment pour avoir donné l'impression de s'intéresser trop à l'Europe et pas assez au Portugal. C'est en outre à partir du local, les élections municipales de décembre, que la droite portugaise a créé une dynamique de victoire. En conduisant le PSD à la conquête des principales villes du pays, Durão Barroso a su imposer son autorité au sein d'une formation qu'il ne préside que depuis avril 1999. Lisbonne, notamment, a été arrachée à 800 voix près au fils de Mário Soares.

Juriste, père de trois enfants, bientôt âgé de 45 ans, Durão Barroso a connu tôt le succès politique. À 29 ans, il est élu député et il entre au gouvernement, comme numéro deux au ministère de l'intérieur. Sa campagne est aujourd'hui fondée sur un slogan : le "choc fiscal", c'est-à-dire un programme de baisse drastique des impôts, en particulier de l'impôt sur les sociétés et de l'impôt sur le revenu pour les tranches supérieures. » (extrait d'un article de Sébastien Maillard, La Croix, 14 mars 2002)

# Posté le jeudi 03 mai 2007 12:09

L'État et la religion

Le catholicisme est la religion dominante, les autres religions (protestantisme, judaïsme...) n'y jouent qu'un rôle très marginal.

Le Portugal est un État laïc (selon la constitution de 1976). Les rapports de l'Église et de l'État sont régis par un concordat signé en mai 2004 (remplaçant celui de 1940 négocié par le régime de salazar).

« Certains articles qui étaient devenus caducs, comme ceux qui régissaient l'envoi de missionnaires dans les colonies portugaises, ont été abrogés. Mais la principale innovation est d'ordre fiscal : désormais, les associations religieuses qui exercent des activités commerciales - l'hôtellerie, par exemple - seront soumises à l'impôt sur les bénéfices, et les prêtres devront déclarer l'ensemble de leurs revenus. Cette dernière disposition concernera notamment les membres du clergé chargés du catéchisme dans les lycées et les collèges et payés par l'Etat. Le texte, en revanche, ne touche pas au principe de l'enseignement religieux au sein des établissements scolaires. » (extrait d'un article de Dominique Lagarde, L'Express, 21 juin 2004)

Le Portugal a été créé au XIIe siècle comme un État chrétien, sur les décombres d'États musulmans. Au XVe siècle les juifs en ont été expulsés ou contraints à la conversion. L'église catholique a joué un rôle majeur au cours des siècles. Elle a été un des piliers du régime dictatorial de Salazar (qui utilisa le pèlerinage de Fátima pour sa propagande), en particulier dans le nord du pays où l'Église a fraîchement accueilli la Révolution des ½illets en 1974.

Aujourd'hui seulement deux Portugais sur trois se déclarent catholiques, si un tiers des mariages ne se fait plus à l'église. L'influence de l'Église se réduit peu à peu, mais le clivage nord-sud est encore d'actualité. Les résultats du référendum de 1998 sur la libéralisation de l'avortement en témoignent. Le Portugal a autorisé l'avortement en 1984, mais sa législation demeure une des plus restrictives d'Europe avec celles de l'Irlande et de la Pologne. Ce référendum avait pour but de le libéraliser. Les oui et les non se sont à peu près équilibrés, mais les 70 % d'abstentionnistes ont provoqué son invalidation. Dans les district ruraux du Nord où l'emprise de l'Église est encore très forte, le non a atteint 77 % (résultat de Braga, la « Rome du Portugal ») alors que dans l'Alentejo déchristianisé, le oui a remporté jusqu'à 78 % des suffrages (résultat de Beja, un des derniers bastions du PCP). À Lisbonne, le taux de oui était de 68 %. Si, Mgr José Policarpo, patriarche de Lisbonne, précisait que « voter oui au référendum n'entraînerait pas d'excommunication », Mgr António Monteiro, évêque de Viseu (nord du Portugal), déclarait, quant à lui, que « qui vote "oui" doit sortir de l'Église ».

Le parlement a approuvé la loi dépénalisant l'avortement jusqu'à la dixième semaine de grossesse le 8 mars 2007, date symbolique de la Journée internationale de la femme. La dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse avait été approuvée par référendum par 59 % des électeurs le 11 février 2007.

# Posté le jeudi 03 mai 2007 12:08

Les médias

Presse écrite

Jornal de Notícias (100 000 ex. quot.) : Le « Journal des nouvelles » est le plus lu du pays. Publié à Porto (avec une édition pour Lisbonne), c'est un journal de droite en phase avec le gouvernement.

Diario de Notícias (80 000 ex. quot.) : Le vénérable « quotidien des nouvelles » fut fondé à Lisbonne en 1864 et privatisé en 1991, il appartient depuis au groupe Lusomundo. En ligne depuis 1995, en portugais.

Público (60 000 ex. quot.) : Fondé en mars 1990, il est devenu le journal de l'intelligentsia portugaise. Son supplément littéraire du samedi est très influent.

Correio da Manha (90 000 ex. quot...) : Le « Courrier du matin » est journal populiste de droite publié à Lisbonne. Il s'intéresse principalement aux fait divers.

24 Horas (quot.) : Journal « grand public » fondé en mai 1998.

O Primeiro de Janeiro (25 000 ex.) : Journal fondé en 1868 à Porto, aujourd'hui en perte de vitesse.

Expresso (150 000 ex. hebdo.) : Un magazine généraliste fondé en 1973.

Visão (90 000 ex., hebdo.) : Un magazine généraliste appartenant au groupe suisse Edipresse.

O Independente (80 000 ex., hebdo.) : magazine fondé en 1988 et suivant une ligne politique conformiste prônant libéralisme politique et conservatisme social.

Focus (hebdo) : Magazine populaire allemand adapté au public portugais.

Jornal de Letras (10 000 ex. bimensuel) : Magazine littéraire de référence.

Télévision

RTP 1 et RTP 2 : les deux chaînes publiques (la première est de très loin la plus regardée des deux)

SIC (Sociedade independante de communicção) : la puissante chaîne privée fondée en 1992 qui a dépassé celle de la RTP en part de marché (jusqu'à 50 %).

TVI (Televisão independante) : fondée en 1993, autrefois contrôlée par l'église catholique, elle concurrence aujourd'hui la SIC. L'émission Big Brother (l'équivalant lu Loft de M6) lui a fait faire un sérieux bon en avant.

# Posté le jeudi 03 mai 2007 12:07